2012-10-04– Red Bull en Suisse – Eh ! Hé !

Le Red Bull Crashed Ice ne suscite pas la controverse qu’à Québec. À Lausanne aussi, ça remue. Intéressant de tracer les parallèles entre les deux villes. Là-bas comme chez nous, ça chiale par ci et ça jouit par là.

Il y a une grosse différence par contre. Là-bas, le monde politique municipal est divisé sur la question du retour du Crashed Ice, les 1-2 mars 2013, après une première expérience en 2009. Le Conseil communal est contre et la Municipalité est pour. La Municipalité a signé avec Red Bull pour le retour et le Conseil communal veut que la Municipalité revienne sur sa décision ou du moins, réexamine la situation. Pour comprendre la dynamique, petit cours rapide sur les institutions Lausannoises.

Lausanne 101

Le Conseil communal, c’est comme le Conseil municipal d’ici. Ils sont 100 élus pour une population de 135 000 personnes. Ici, on a 27 élus pour 500 000 personnes, mais c’est un autre débat. La Municipalité, c’est comme le Comité exécutif d’ici. Ils sont sept élus, non pas nommés comme ici mais élus en tant que tels, dans une élection distincte de celle des 100 membres du Conseil. Conseil et Municipalié constituent deux entités distinctes et autonomes.

Surprise, ou pas

Alors le Conseil de Lausanne est contre, la Municipalité est pour. Si on parcourt les sites des media locaux, on voit exactement les mêmes arguments de part et d’autre que ceux qu’on entend ici. La visibilité de la ville et le plaisir populaire d’un côté, les dérangements et l’utilisation de l’espace public à des fins promotionnelles privées de l’autre. S’y ajoute un argument supplémentaire, pesant là-bas, à peine évoqué ici, l’empreinte environnementale.

Et quand on lit les commentaires des internautes au bas des articles de media et bien… Aucune surprise : la nature humaine est la même partout. Exactement comme chez nous. Les opposants se font traiter de chialeux, de matériel d’hospice et d’autres qualificatifs dont se délecte la délicieuse et raffinée Matricule 728. On vante la vitrine exceptionnelle ainsi fournie à la ville de Lausanne et on célèbre l’apport exceptionnel à la santé psychique publique de cet extraordinaire divertissement populaire.

Du côté des opposants, petite surprise : ils en ont contre le RBCI principalement pour des raisons écologiques. Lausanne est censée être une ville verte et selon eux, le Crashed Ice consomme trop d’énergie inutilement. On parle aussi des dérangements pour les riverains du circuit mais il semble que là-bas, ça prend moins de temps qu’ici à tout installer et désinstaller. Question de terrain, de climat et d’ampleur des installations.

Sans surprise, à Lausanne les supporteurs du RBCI parlent des milliers de spectateurs. 50 000 en 2009, dit-on. On y cite Québec et les 100 000 spectateurs dans la côte de la Montagne. Hmmm… 100 000 ? Quiconque a vu la surface occupée par 75 000 personnes sur les Plaines d’Abraham, le soir du spectacle de la vénérée Madonna, comprend rapidement que 100 000 personnes sur la côte de la Montagne, les abords du parc Montmorency et la Place de Paris, c’est carrément impossible. Mais bon… on n’est pas ici pour discuter de ça.

Ignorance

Mais l’étonnante ignorance dont font preuve la plupart des supporteurs du RBCI quant à l’ampleur et la durée des inconvénients liés à l’installation/désinstallation est universelle. Dans les commentaires Lausannois, on peut lire «Ils se plaignent pour à peine trois jours d’inconvénients». Pffff…

Parlant d'ignorance, laissez moi vous raconter cette petite anecdote qu’a vécue le président du CCVQ (je le connais bien et il m’a raconté).

C’est le soir du spectacle de Roger Waters, sur les Plaines. Le prez est dans la foule, devant la scène, attendant que ça commence. Jasant avec son voisin de foule, il s’aperçoit que le gars est le représentant commercial de Red Bull pour la ville de Québec. Ah tiens donc, dit-il, moi, je suis le président du CCVQ. Ah oui, dit l’autre, le comité des chialeux. Et il sourit. Échanges de points de vue. Puis la compagne du Redbullien intervient et dit « C’est quand même seulement trois jours de dérangement… ». Stupeur du prez. Comment !!! la compagne du représentant Red Bull pense que ça ne dure que trois jours ? Imaginez ça. Si elle, le nez collé sur le Crashed Ice, pense comme ça, on ne peut pas être surpris qu’une grosse proportion de la population de Québec pense la même chose. Ignorance, quand tu nous tiens… (Soupir).

Et après 2013 ?

Ici, on a signé pour trois ans en 2011, fin en 2013. Va-t-on renouveler en 2014 ? On a toujours dit et on ne dira jamais assez que le RBCI, c’est trop pesant pour le Vieux-Québec. C’est de loin le plus pesant des grands événements produits dans le VQ. Ça ne vaut pas les bénéfices (à chiffrer objectivement) qu’on en tire. Mieux vaut travailler sur le tourisme culturel et d’hiver que sur l’événement spectacle.

Et, avec vous remarqué ? Contrairement à l’idée véhiculée par certaines radios, le seul grand événement à l’égard duquel le CCVQ s’inscrit résolument en faux, c’est le Red Bull Crashed Ice.

Pas si chialeux que ça, le CCVQ.

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